Le rose va bien aux crabes ! En tout cas, le panier socialiste semble leur convenir ! Ce week-end vient d’en apporter une nouvelle fois la preuve. Vincent Peillon pourtant rodé à la marche perpendiculaire a failli être croqué tout cru par le crabe Royal. Il a pu vérifier comment, chez les crustacés comme dans d’autres espèces, le sexe dit faible fait la politique autrement ! Peillon a répliqué sauvagement ! Ségolène s’en est trouvée pincée ! Et le mal se répand.
N’a –t-on pas vu, ce même jour, François, le « crabbe »[1] hollandais s’efforcer d’éliminer son rival DSKrabe en revendiquant une accélération du processus des primaires ? On ne va pas pleurer ! Mais on ne saurait en rire ! Car la maladie du crabe est en train de détruire le parti socialiste, ce qui serait somme toute d’une importance seconde, si ce faisant elle ne détruisait pas avec lui le socialisme ou du moins l’image que nos concitoyens s’en font !
Le Général de Gaulle savait, en instituant le régime présidentiel, qu’il introduisait le virus de la personnalisation des combats politiques et que ce virus serait fatal aux combats idéologiques, donc au combat que mènent depuis plus d’un siècle les socialistes. A l’époque, ceux-ci en étaient bien conscients et s’opposèrent avec vigueur au principe de l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Mais même parmi eux, certains décidèrent pourtant de jouer le jeu gaullien et tombèrent dans le piège. Ce fut d’abord Gaston Defferre à qui Jean Jacques Servan Schreiber proposa de le « vendre comme une savonnette ». Il avait fait peu avant la même offre à Guy Mollet qui, lui, refusa. Notre sympathique Gastounet devint ainsi « Monsieur X » avant de finir en « Monsieur 5% » !
Ce fut ensuite François Mitterrand qui se coula avec délectation dans le moule présidentiel. On peut reprocher à ce dernier de ne pas avoir profité de son passage à l’Elysée pour revenir sur cette redoutable exception française. Mais outre qu’il se sentait parfaitement à l’aise dans le système, François Mitterrand savait comme nous tous que les français sont très majoritairement attachés à cette élection présidentielle qu’ils considèrent comme une conquête démocratique !
Car pour une grande majorité de nos concitoyens, les mêmes qui déplorent le combat des chefs et celui des egos, le choix de l’homme l’emporte trop souvent sur le choix des idées. Mais il faut le marteler : privilégier le choix de l’homme c’est une démarche de droite et qui, de plus, favorise la droite ! Il aurait fallu que les socialistes privilégient le combat idéologique, ce à quoi ils ont trop facilement renoncé. C’est bien là leur premier échec. Celui dans lequel « ils » et « elles » s’enfoncent. L’abandon de l’idéologie au profit de l’image, c’est bien là le cancer, ce crabe qui nous détruit et qui fera, si on refuse de le voir, que le socialisme mourra comme on dit « d’une longue maladie ».
Jacques Fleury
[1] Le mot crabe vient du néerlandais « crabbe »




