Ecoles des tilleuls: les vraies raisons de la fermeture de classe

4 02 2010

Diffusée depuis jeudi 4 février dans la ville, La Lettre des Socialistes de Roye revient sur la fermeture de classe dans notre ville à l’Ecole des Tilleuls.

Lire et feuilleter à l’écran la lettre des socialistes (cliquer ici)

Olivier Spinelli





Quel courage !

28 01 2010

- Par Jean Jacques Chavigné-

Quel courage ! A Davos, devant un parterre de capitalistes, Sarkozy a osé défendre le capitalisme.

Il a dénoncé la « dénaturation » du capitalisme alors que, justement, aujourd’hui le capitalisme revient à son fonctionnement de toujours. Les années 1945-1945 (les « 30 glorieuses ») n’ont, en effet, été qu’une parenthèse de régulation, entre deux périodes de capitalisme sauvage où règne en maître la « concurrence libre et non faussée ».

Contrairement à ce qu’il a affirmé, ce n’est pas une crise de « dénaturation du capitalisme » que nous subissons, mais bien une crise d’un capitalisme qui s’est libéré de ses entraves et à retrouvé sa vraie nature, à l’aide de toutes les politiques néolibérales mises en œuvre par des gouvernements comme celui de Nicolas Sarkozy aussi bien que par l’Organisation Mondiale du Commerce, le FMI ou l’Union européenne.

Il dénonce l’obsession de la finance pour le « tout, tout de suite », mais il n’a jamais proposé de changer quoi que ce soit de sérieux à cet état de chose en supprimant (par exemple) l’effet levier, la titrisation ou les produits dérivés qui avaient démultiplié les effets de la crise bancaire de 2008-2009.

Il a accepté, sans mot dire, la comédie qui consistait à légitimer des paradis fiscaux à condition qu’ils passent des accords de transparence avec d’autres paradis fiscaux. Il a polarisé le débat sur les bonus des traders qui ne sont qu’une manifestation de la volonté des banquiers de continuer comme avant la crise. En pire même, pour rattraper l’argent perdu.

Loin d’imposer la séparation entre banques d’affaires et banques de dépôt pour empêcher les banques de spéculer avec l’argent de leurs déposants, il a, au contraire, encouragé les banques à continuer dans la voie de la spéculation la plus éhontée. Il leur a, en effet, accordé une garantie de l’Etat de 320 milliards d’euros avec comme seule contrepartie un taux de 6 % d’intérêt à verser à l’Etat. Mais que pèsent ces 6 % pour les dirigeants d’une banquent qui escompte que la spéculation leur apportera un retour sur investissement de 40 % ? Il oppose le capital financier au capital industriel alors que l’osmose est complète entre ces deux types de capitaux et que c’est cette osmose qui a permis au taux de profits d’atteindre des sommets rarement atteints dans l’histoire du capitalisme.

Il affirme que le libre-échange, la concurrence ne sont pas « des fins en soi » mais il fait voter à la hussarde par le Parlement, au mépris du résultat du référendum de 2005, le traité de Lisbonne qui impose le libre échange des marchandises, des services, des capitaux aussi bien que la « concurrence libre et non faussée ».

Il propose de moraliser le capitalisme, ce qui a à peu près autant de sens que de vouloir moraliser la mafia. Le moteur du capitalisme est le profit que Sarkozy défend d’ailleurs bec et ongles et n’a donc rien à voir, ni de près, ni de loin, avec « la morale » qui ne vaut pas un centime et ne pourrait donc qu’être une entrave à son bon fonctionnement.

En fidèle défenseur des profits, il ne parle surtout pas d’augmenter les salaires, ce qui serait pourtant la seule méthode pour diminuer les profits et mettre un frein à la spéculation boursière. Il y aurait alors moins de profits et donc moins de capitaux disponibles pour spéculer et alimenter de nouvelles bulles financières ou immobilières. Il propose de revenir à un capitalisme régulé mais il casse aujourd’hui, en France, tous les instruments de cette régulation : le service public, l’assurance-maladie, l’assurance-chômage, la retraite par répartition, le code du travail, la médecine du travail…

A Davos, au milieu des « saigneurs de la terre », Nicolas Sarkozy était bien parmi les siens.

JJC

(cet article a été écrit pour le site de la revue Démocratie et Socialisme, animée par Gérard Filoche. Cliquer ici pour y accéder)





« l’aube d’une nouvelle ère économique » ?

26 01 2010

N’ayant pas souhaité ajouter ma participation à l’audimat de l’émission de Sarkozy, j’ai préféré aller voir ailleurs. Les commentaires que j’entends ce matin à la radio me font penser que je n’ai pas perdu grand-chose.

Ce qui m’a amusé beaucoup plus, c’est, sur « France Inter », la chronique matinale de Bernard Guetta, l’homme qui sait et comprend toute chose. Il nous annonçait « l’aube d’une nouvelle ère économique ». Pour justifier cette espérance gourmande, il citait d’abord le secrétaire d’Etat britannique aux finances qui vient d’affirmer que son gouvernement entend œuvrer à un accord international sur la manière de faire financer par les banques le coût de leur sauvetage en cas de nouvelle crise. « Si les banques bénéficient ne serait-ce que d’un soupçon de garantie publique implicite, elles doivent payer pour cette aide », écrit Lord Myners, en ajoutant qu’il « ne sera pas facile de trouver le moyen d’empêcher que ce ne soit au contribuable de payer la facture des futurs plans de sauvetage mais que ce problème ne peut être résolu que par un accord mondial ».

Lors d’une réunion de hauts fonctionnaires du G7 et d’organisations financières internationales consacrée à cette question, rapporte toujours Bernard Guetta, trois idées ont été évoquées – celle d’une taxe sur les transactions financières internationales, communément dite « taxe Tobin », celle d’un prime d’assurances qui aurait les faveurs du FMI et celle, enfin, d’un renforcement obligatoire des fonds propres des banques qui leur permettrait de faire face, par elles mêmes, à une période de difficultés. La veille, Alistair Darling, le ministre britannique des Finances, avait déploré, lui, que les mesures annoncées la semaine dernière par Barack Obama sur la limitation de la taille et des activités des banques n’aient pas été coordonnées au niveau international. « Si chacun s’occupe de ses affaires dans son coin, on n’aboutira à rien du tout », avait-il estimé et, hier encore, la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado, a plaidé, quant à elle, pour une coordination, à l’échelle européenne, de toute augmentation ou création d’impôts dans les pays de l’Union. Il faut une « harmonisation.

Pour Guetta, « toutes ces déclarations ont une musique commune qui marque une profonde rupture avec les grands dogmes de l’ère du libéralisme triomphant. Hier, *l’idée reçue* était que la concurrence la plus totale et, notamment, la concurrence fiscale entre les Etats, favorisait l’entreprise et, donc, l’emploi, que les réglementations n’étaient qu’un frein à la croissance et que trop d’impôts tuait l’impôt en faisant diminuer les profits et, par voie conséquence, les ressources fiscales. Aujourd’hui, l’idée qui monte est que l’autorégulation du marché est un mythe coûteux, comme on vient de le voir, que l’impôt et les réglementations doivent réguler le fonctionnement de l’économie, que les Etats ont un rôle économique et que, face à un marché mondialisé, ils ne peuvent l’exercer qu’en prenant des mesures harmonisées, au niveau mondial ou continental au moins. Rien ne se fera en un jour, pas même en une poignée d’années mais, depuis septembre 2008, on y va. On entre dans une nouvelle ère. »

On croit rêver ! Va-t-on nous expliquer, demain, ce que nous répétons depuis toujours ? Cinq ans se sont passés depuis le débat sur le Traité Européen ! A l’époque ceux qui – j’en étais- condamnaient ce texte qui inscrivait le libéralisme dans les tables de marbre d’une constitution européenne, passaient au mieux pour des archéo-socialistes, adeptes comme le disait Strauss Khan des « vieilles lunes », au pire pour xénophobes !

Et chaque matin le même Bernard Guetta défendait avec acharnement ce traité qui, rappelons-le, interdisait expressément l’harmonisation sociale et « l’harmonisation fiscale » !

Jacques Fleury





« La bien pensance »

25 01 2010

Dans un papier consacré à la « bien pensance médiatique », je lis les lignes suivantes illustrant la grille de lecture qu’elle nous impose: « pourquoi , alors qu’un Evo Morales est repassé dès le premier tout en Bolivie, la seule gauche qui a réussi à se faire battre en Amérique latine, la gauche sociale-démocrate chilienne, est-elle précisément celle que notre bien-pensance médiatico-progressiste hexagonale nous donne comme seul modèle exemplaire ?…Comme si s’était peu à peu imposée une vulgate éditoriale qui veut que la « bonne gauche » soit nécessairement celle qui ne fait rien… »

Le même rédacteur écrit plus loin : « La bien pensance est en pleine forme…Elle a trouvé son parti. Idéal : Europe Ecologie. Contre la récession, pour la décroissance. Pardi ! Et puis, depuis que Martine Aubry a placé au centre du débat public, non plus le chômage, le creusement des inégalités ou les déficits, mais le mariage gay et la régularisation générale des sans-papiers, elle – la bien pensance – a presque trouvé son héroïne » On sera sans doute surpris d’apprendre que ces lignes parues dans « Marianne » sont du « centriste » Jean François Kahn. Elles n’en demeurent pas moins à mes yeux pertinentes.

C’est dans le même hebdo qu’on peut lire , sous la plume de Maurice Szafran, la condamnation suivante: « … disons le tout net, avec toute la considération que nous portons à Denis Olivennes (NDLR directeur du « Nouvel Observateur ») nous sommes heureux de ne pas appartenir à la gauche qu’il incarne ; une gauche néolibérale qui a renié la plupart de ses idéaux ; une gauche de marché qui a renoncé à la quasi-totalité de ses engagements moraux, sociaux et éthiques ; une gauche qui fait génuflexion devant le capitalisme financier et qui continue à lui faire allégeance comme si la crise pouvait être réduite à un épiphénomène ; une gauche qui a largué l’électorat populaire, une gauche plus sensible aux états d’âme d’un trader qu’à celui d’un enseignant, une gauche qui, en réalité, a renié la France de 1789 »

Maurice Szafran
est bien gentil de qualifier de « gauche » ceux qu’il vient ainsi de décrire ! Pour ma part, j’avais, dès l’époque du débat sur le Traité Européen, cessé de considérer le « Nouvel Obs » comme un journal de gauche et cessé de lui verser mon obole !

C’est dans le même hebdo que sous la plume de Hervé Nathan, est dénoncée la pensée unique qui fait titrer au journal « Le Monde » : « le gouvernement tente de s’immiscer dans la stratégie de Renault ». Ce grand journal du soir, comme on dit, dénonçait le fait que le gouvernement réclame le maintien de la production de la Clio en France. « Rendez vous compte, écrit Nathan : l’affreuse hydre étatique viendrait se mêler de ce qui ne la regarde pas. Peu importe que les fonds publics aient permis au groupe automobile de passer la crise, que le secteur soit sursubventionné à base de primes à la casse et de bonus écologiques, ou que l’Etat soit le deuxième actionnaire de l’entreprise. La puissance publique n’aurait le droit que de se taire ».
On ne sera pas dupe de l’action gouvernementale dans ce domaine, plus soutenue par des considérations d’opportunité électorale que par des convictions idéologiques, mais il est bien utile, une fois encore de dénoncer la pensée unique qui nous impose sa dictature.

Jacques Fleury





mise en diffusion du tract de la section spécial « régionales »

23 01 2010

Feuilletez à l’écran le nouveau « tract » spécial Régionales de la section diffusé en ce moment  (cliquez ici)

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60 ans !

23 01 2010

Martine Aubry vient de jeter un pavé dans la mare sur la question de l’âge de la retraite. Je ne suis pas un spécialiste de ce dossier et je suis prêt à entendre toute argumentation qui pourrait m’éclairer. Mais j’avoue avoir du mal à comprendre ce que la modification de l’âge légal de départ à la retraite peut apporter comme solution au financement des retraites. Je comprends en revanche quelle liberté elle ôte aux travailleurs. J’avoue ne pas comprendre la position prise par Martine Aubry.

Le problème des retraites, dans le régime de répartition auquel nous sommes rigoureusement attachés, vient du déséquilibre croissant entre le nombre des cotisants et celui des « bénéficiaires » des pensions. D’un côté le chômage réduit le nombre des cotisants, de l’autre l’allongement de l’espérance de vie accroît le nombre des retraités. Soit ! Mais bouger le curseur des 60 ans vers 61 ans ou plus ne résout pas la question.

Si j’ai bien compris, repousser l’âge du départ à la retraite aurait pour but théorique soit d’accroître le nombre de cotisants, soit d’exiger d’eux un nombre accru de trimestres de cotisation.

Accroître le nombre des cotisants, est-ce réaliste ? A quoi bon reporter l’âge de la retraite quand on sait que nombre de « seniors » sont conduits vers la porte et vers le chômage avant les 60 ans fatidiques ? Quand on sait que la population active et les revenus de la population en âge de l’être – et donc les cotisations qui peuvent être prélevées – sont évidemment fortement amputés par le chômage total ou partiel. Il vaudrait sans doute mieux mettre au travail ceux qui n’en ont pas ! Maintenir les gens au travail plus longtemps c’est en maintenir d’autres au chômage. Où est le gain ?

Exiger un nombre accru de trimestres de cotisations ? On sait bien que ce n’est pas l’âge légal du départ qui détermine le nombre de trimestres de cotisations exigé pour la retraite complète. On sait bien que le calcul des cotisations nécessaires à l’obtention d’une pension à taux plein a été modifié par M. Balladur sans toucher à l’âge légal de départ.

L’âge légal de la retraite à 60 ans, offre le choix d’arrêter le travail à ceux qui n’ont plus le désir de travailler, qui n’en ont plus la force, dont l’espérance de vie ne laisse que peu d’espoir de jouir d’un repos mérité pendant de longues années. C’est une liberté. C’est cette liberté là que le report de l’âge de la retraite supprimerait, donnant à l’employeur le droit d’exiger que le salarié travaille plus longtemps même s’il a rempli sa part du contrat, c’est-à-dire le nombre de mensualités de cotisations qui donne droit à une retraite complète.

Le déséquilibre entre population active et retraités peut évidemment conduire un jour à ce qu’une partie de la population, celle que n’usent pas les travaux les plus pénibles, travaille plus longtemps. Mais avant de remettre en cause l’âge légal du départ en retraite, il faut d’abord mettre tout le monde au travail. Il faut aussi mobiliser d’autres sources de recettes pour les retraites que les cotisations de salariés puisque le progrès technique et la compétition internationale provoquent la réduction constante du nombre des salariés. C’est ce que le gouvernement Jospin avait commencé à faire en créant un Fonds spécial pour les retraites.

Jacques Fleury





rêvons, construisons,extirpons l’égoïsme…bonne année 2010!

22 01 2010

Vaine coutume des voeux, qui traditionnellement consacre, par le seul fait de souhaiter, le renoncement à accomplir. Ne soyons pas conventionnels, l’époque n’est pas si légère qu’elle nous permette ce luxe. Soyons ambitieux pour l’humanité, et plutôt que de simplement nous souhaiter bonheur, santé et réussite, outils à la main, déterminés…construisons les !

Sans doute, je rêve, et on me taxera de naïveté. Mais sur ce chantier rien ne sera possible tant que notre société, et les humains qui la composent, seront gouvernées par les seules petites lois de l’égoïsme, de la peur et des jugements rapides sur eux-mêmes et entre eux. Parfaitement exaltées par les conservateurs dont ils sont les dépositaires, ces tares artificielles, inventées pour asservir, freinent et maltraitent l’intelligence et le cheminement de chaque homme vers son aspiration naturelle, oserais-je dire sa libération : le bonheur.

L’antidote à ces poisons n’est pas à rechercher dans la politique, qui ne peut fournir que les outils, les plans et les méthodes de construction d’une société, sinon heureuse, du moins juste, libre, fraternelle, permettant à chacun de construire sa propre vie, ses propres projets, la propre justification de son passage dans la communauté humaine.

Ce qu’il faut, c’est faire confiance à l’autre, le regarder et toujours le reconnaître comme son égal. Egal en aspiration, égal dans le hasard de la naissance, égal en liberté, égal en droit. Etant reconnu comme égal, le considérer ensuite avec bienveillance et générosité, rester lucide sur le mauvais bien sûr, mais ne jamais négliger non plus de regarder le bon et le lumineux en chacune et chacun d’entre nous.

Sans doute, je rêve encore…Mais je ne peux pas m’empêcher de reconnaître dans cette proposition que je vous invite à méditer à la faveur de ces voeux, le principal fondement de notre idéal socialiste et républicain. Le Socialisme et la République ont ceci d’imbriqués qu’il refusent absolument l’égoïsme et le repli sur soi.

Pénétrés de ce principe, nous sommes en ce moment, j’en conviens facilement, parfaitement à contre courant de la marche du Monde. Et pourtant, est-ce une sorte de foi, est-ce cet esprit de révolte qui malgré les années et l’obtention du confort ne me quitte pas, je reste persuadé que ce chemin reste le seul possible à emprunter, et surtout à défendre, pour donner un sens, où que nous soyions, d’où que nous parlions et agissions, à notre pauvre et hasardeuse existence.

Royennes et Royens, mes chers camarades, Christine, Jacques, je vous adresse au nom de l’ensemble des militants socialistes de la section de Roye mes voeux les plus chaleureux, les plus rêveurs, et les plus républicains pour l’année qui vient.

Olivier Spinelli





Haïti

18 01 2010

Ce matin sur Canal +, en direct de Haïti, le journaliste expliquait deux méthodes d’assistance : celle de l’ONU et celle de l’armée américaine, manifestant à l’évidence sa préférence pour la première. S’agissant de l’ONU, il expliquait que la solution retenue, qu’il qualifiait d’humanitaire, était sans doute plus lente parce que plus organisée : recenser les besoins, repérer les groupes à aider, apporter les quantités nécessaires, et répartir équitablement afin que chacun reçoive sa part. Cette méthode demande des délais mais aboutit à une aide efficace, équitable et relativement apaisée.

L’armée américaine – par peur nous-dit on des agressions contre ses propres membres – préfère distribuer son aide en la jetant d’hélicoptère ou des camions sans organisation préalable. C’est effectivement plus rapide mais plus aléatoire : le résultat est que ce sont les plus forts qui s’accaparent les produits distribués et que la distribution tourne à ces émeutes dont se protègent les américains en pointant leurs armes sur la foule.

Ces deux méthodes illustrent cruellement deux approches de la société. Celle de l’ONU représente l’approche solidaire, j’allais dire la démarche socialiste, qui tend à résoudre la question posée dans la justice et qui va au fond des choses. Celle des américains témoigne de cette philosophie de la loi de la jungle , ce qu’on appelle le libéralisme, qu’ils ne sauraient abandonner même dans les cas désespérés : rapidité, efficacité de surface – elle ne concerne que la minorité des plus forts – et injustice finale.

Le Raïs

Ceux qui regardent attentivement la télé auront constaté qu’à Mayotte les murs se sont recouverts d’affiches en langue arabe, annonçant la venue du « Raïs » Nicolas Sarkozy. Le terme « Raïs » signifie Chef de l’Etat. Il nous est connu par l’usage qu’en font les égyptiens. Le plus connu des « Raïs » fut Nasser. Je trouve que ça lui va bien, moi, à Nicolas Sarkozy !

Jacques Fleury





Hypocrisie mondiale

5 01 2010

Le Honduras est bien loin. Il s’y passe pourtant des évènements bien intéressants qui rappellent les heures les plus noires de cette période où, au nom de la lutte anticommuniste, Pinochet, soutenu par les Etats-Unis, renversait un président chilien socialiste, Salvador Allende. Le tort d’Allende était de défendre une autre politique que celle du capitalisme mondial, et en l’espèce américain. Le tort d’Allende était d’agir comme si les richesses chiliennes devaient d’abord servir au peuple chilien.

Le Honduras
s’était donné, démocratiquement, un président issu de la droite libérale, Manuel Zelaya. De droite, mais pas au point de ne pas constater la misère de son peuple. Ce qui l’a amené – l’abominable traître !- à accepter l’offre de Hugo Chavez de lui fournir du pétrole à un taux d’intérêt de 1%, suffisamment avantageux pour que puissent se mettre en place des programmes sociaux. Pire ! Le même président Zelaya a fait adhérer son pays à l’Alliance Bolivarienne qui regroupe Cuba et le Venezuela. Et comble d’impudence, il a proposé de consulter le peuple par referendum pour réformer une constitution qui datait des précédentes dictatures honduriennes !!!

A Tegucigalpa
comme à Santiago de Chili la sanction est tombée : l’armée a renversé le président. Le coup d’Etat s’est traduit comme il est d’usage par des morts et des détentions arbitraires. Les manifestations de soutien au président renversé ont été vigoureusement réprimées. Des élections ont été organisées pour faire bien, boycottées par la population, dont les résultats sont plus que contestés. Bien que l’un des ministres du gouvernement putschiste ait traité Obama de « nègre inculte », les Etats Unis s’apprêtent à reconnaître le nouveau pouvoir. Mais le Brésil, l’Argentine, le Chili, le Venezuela, l’Equateur, la Paraguay, la Bolivie, l’Urugay refusent d’avaliser des élections évidemment truquées.

L’épisode hondurien
est une nouvelle illustration de la guerre que se livrent deux grandes idéologies : celle qui privilégie le « libéralisme » c’est-à-dire la loi de la jungle capitaliste, et celle qui voudrait mettre l’économie et la richesse au service du peuple. On critique les Chavez au Venezuela et les Morales en Bolivie. On les accuse de toutes les turpitudes antidémocratiques, de toutes les arrières- pensées liberticides. Négligeant le fait que chaque fois qu’un pouvoir de gauche s’est installé, particulièrement en Amérique Latine, il a été renversé par l’armée ou a été poussé à la dictature pour éviter ce sort ! En Bolivie, dès après l’élection de Morales, des troubles ont été suscités dans la province la plus riche. Les responsables locaux ont organisé un referendum illégal pour s’octroyer l’autonomie face au pouvoir central.

A ceux qui tentent de mettre en place une autre politique que celle de leurs intérêts, les pseudo « libéraux » mènent une guerre impitoyable, mobilisant les moyens les plus puissants, disposant du nerf de la guerre, contrôlant le plus souvent les medias. Et si cela ne suffit pas, le recours au coup de force n’est pas pour leur faire peur ! Et pourquoi pas, suprême hypocrisie, au nom de la défense de la démocratie, puisque pour eux la démocratie ne saurait être que le régime de l’idéologie capitaliste !

Ainsi la « démocratie » est rétablie au Honduras ! L’ordre capitaliste règne.

Jacques Fleury

(en médaillon Salvador Allende)





Le gourou

5 01 2010

Je lis dans « Marianne » un article consacré à Edgar Morin, qui en fait le nouveau « gourou », le nouveau maître à penser grâce au concept de « politique de civilisation », laquelle « aurait pour mission de développer le meilleur de la civilisation occidentale, d’en rejeter le pire, et d’opérer une symbiose de civilisation intégrant les apports fondamentaux de l’Orient et du Sud ». Ce que le rédacteur de l’article traduit ainsi : « La civilisation occidentale, qui privilégie le quantitatif au dépens du qualitatif, a produit des effets pervers insupportables. Il faudrait donc la contrebalancer par des valeurs venues d’ailleurs. Le carcan économique doit être brisé»

Bien ! Je contesterai l’assimilation de la civilisation occidentale au capitalisme, l’Occident n’ayant pas toujours privilégié la quantité à la qualité. Mais je n’ai pas le sentiment de découvrir là une idée très nouvelle. Pas plus que je trouve originale l’idée exprimée par Morin que « conduire une politique de civilisation, c’est pour moi tout simplement remettre l’humain au centre de la politique ». Quel socialiste conséquent pourrait penser autrement ? Edgar Morin pense que le socialisme tel qu’il a été fondé au XIXème siècle et appliqué, avec les échecs et les catastrophes que l’on sait, au XXème n’a plus d’avenir. Il croit  à l’évolution plutôt qu’à la révolution », nous dit l’article. Cette idée est d’un banal à pleurer, ce qui ne veut pas dire qu’elle soit juste !

Elle est sans doute vrai pour ceux qui, comme Morin, furent communistes et ont cru que le socialisme c’était le modèle soviétique ! Les socialistes, ceux qui étaient restés dans la vieille maison, après le Congrès de Tours, n’ont jamais pensé que « l’expérience soviétique » pouvait être la traduction du socialisme de Jaurès ! Quant au terme de « révolution », s’il s’agit de conquérir le pouvoir par la méthode brutale, les socialistes ne sont plus révolutionnaires depuis longtemps. Si on entend par « révolution », un retournement, un renversement des objectifs de la société, mettre l’économie au service de l’homme par exemple et non l’inverse, alors les socialistes doivent demeurer « révolutionnaires ».

Quand le rédacteur prête à Edgar Morin l’idée que l’espérance de gauche « ne peut se fonder sur les anciennes recettes », nous ne pouvons qu’être d’accord, si toutefois il entend par « anciennes recettes », le modèle soviétique. Mais là encore rien de nouveau, sauf, peut-être pour quelques anciens communistes. Je cherche donc l’idée fulgurante qui répondrait à ce souci exprimé par le rédacteur – mais c’est devenu une affirmation tellement courante – de combler l’absence d’idée nouvelle des socialistes. Dans l’espoir sans doute de remédier à notre incapacité crasse, notre première secrétaire, Martine Aubry, aurait repris à son compte, toujours selon l’article, l’idée de « politique de civilisation ». Et ce faisant, elle aurait, affirme le rédacteur, répudié « le cœur de la doctrine socialiste traditionnelle – développer la production industrielle pour répartir mieux plus de richesse – au profit d’une vision inspirée de l’écologie sur la bonne et la mauvaise production ».

Je vois dans cette affirmation une interprétation pour le moins tendancieuse des propos de Martine Aubry ! Un socialiste ne peut pas renoncer à produire plus, aussi longtemps que les besoins élémentaires ne sont pas satisfaits pour tous. Ce qui n’a jamais voulu dire que les socialistes étaient favorables au gaspillage ou partisans de la production pour la production, quel que soit l’objet produit ! Rappelons que c’est le système capitaliste qui privilégie le profit que crée le produit plus que l’utilité du produit ! Pour les socialistes, la saine mesure de la richesse comme l’écrivait Sénèque, » c’est d’abord posséder ce qui est nécessaire, ensuite ce qui est suffisant»

Bref ! Je sais quels sont les fondements du socialisme, quelle est l’originalité de cette doctrine. Mais j’attends encore cette révolution de la pensée qui substituerait au socialisme – lorsqu’il n’est pas caricaturé – une nouvelle idéologie mobilisatrice face au capitalisme triomphant. Mais faut-il absolument une nouvelle idée ? Doit –on pour les idéaux, faire comme des biens de consommations, s’obliger à les renouveler comme on renouvelle, pour mieux vendre, les produits dans une grande surface ?

Jacques Fleury