14 06 2008

samedi 14 juin 2008

Les Irlandais ont dit « non » ! Je ne vais pas bouder mon plaisir. Même si les raisons pour lesquelles ils ont ainsi répondu ne sont pas nécessairement celles qui m’avaient conduit à dire « non » en 2005. Les peuples ont le droit et l’envie quelquefois de dire « m… » quand on les méprise à ce point. J’ai entendu avec bonheur que certains électeurs irlandais expliquaient qu’ils étaient fiers d’avoir ainsi « vengé » les autres peuples européens à qui la parole avait été refusée. Merci à eux. J’ai en effet la rage au ventre, car jamais des responsables politiques ne se sont moqué de nous avec une telle insolence. Les Français ont voté Non en 2005. Non seulement Sarkozy s’est assis sur leur vote, non seulement une grande partie des élus socialistes se sont assis sur leur vote, mais comme rien ne s’est passé depuis 2005, que les partisans du « Oui » sont restés au pouvoir, qu’ils n’ont évidemment rien fait pour changer quoi que ce soit de fondamental à l’orientation qu’ils ont décidé de donner à l’Europe, ils ont l’incommensurable culot de nous montrer du doigt en faisant semblant de s’interroger : « où est votre plan B »? Les « salopards » !

Bien entendu les médias français ont interrogé les partisans du Oui plongés dans leur incompréhension et dans leur indignation : manifestement ils n’ont rien écouté, rien entendu et toujours rien compris. Pour interroger les partisans du Non, les médias ont interviewé Le Pen. Car, pas question qu’on puisse être sincèrement européen et être partisan du Non. Il est plus simple d’affirmer que le Non ne peut être que nationaliste et donc réactionnaire. C’est en tous cas ce que les médias avaient pour mission d’expliquer. Les « salopards » !

Je ne suis pas un passionné du referendum. Parce qu’il est vrai que les peuples mal informés n’ont pas toujours raison. Parce qu’il est vrai que la médiation des élus est souvent utile. Mais les responsables de la construction européenne ont affiché une telle distance, un tel mépris des peuples qu’ils sont supposés représenter qu’on ne peut que se réjouir de les voir désavoués. Au demeurant, ne rêvons pas ! Il n’y aura toujours pas de « plan B » ! Les Sarkozy et autres dirigeants européens n’en veulent toujours pas ! Ce qu’ils vont nous adresser, c’est un superbe doigt d’honneur en affirmant que les parlements ayant voté les peuples ont parlé ! Les « salopards » !

Pour une fois un bon point pour Sarkozy : la prise de contrôle annoncée des Chantiers de l’Atlantique menacés de rachat par des fonds asiatiques. Les médias commentent avec une ironie méprisante : « geste de patriotisme économique ! » disent-ils ! Trop rare à mon goût. Il ne s’agit pas de « patriotisme » mais de défense des emplois locaux. Et pourquoi faudrait-il accepter que nos technologies, nos savoir-faire, passent tous, les uns après les autres, comme c’est trop souvent le cas depuis des années, sous contrôle étranger. Qui décidera demain de l’avenir de notre politique énergétique, de notre politique industrielle, de notre mode de travail et de vie si nous perdons le contrôle de nos entreprises les plus importantes?

Même le social libéral Gordon Brown nationalise une banque. Certes parce qu’elle rencontre des difficultés. Ce qui n’est pas la meilleure des raisons ! Nationaliser les pertes pour demain privatiser les profits, ce n’est pas ce qui est souhaitable. C’est trop souvent la tentation des libéraux et même de certains autres !!! C’est ce que fit naguère le même Sarkozy ! Privatiser une belle entreprise remise sur pied grâce aux efforts des contribuables pour que des fonds étrangers puissent acquérir une unité juteuse, ce n’est pas franchement ce que je souhaite pour mon pays. Nous avons déjà donné : Pechiney, Arcelor, etc…Mais nationaliser pour assurer durablement le contrôle politique sur les outils essentiels de l’économie locale, alors oui, bravo !

Je ne crois pas que ce soit l’objectif du Président de la République ! pas plus que Gordon Brown. Il n’est devenu socialiste ! Mais enfin j’ai souhaité souligner l’initiative de Sarkozy au moment où, de leur déclaration de principes, les socialistes se sont honteusement efforcé d’éliminer toute référence à ce qui faisait au moins jusqu’en 1991 notre identité : l’appropriation collective des grands moyens de production et d’échanges !

Jacques Fleury


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14 06 2008
François

Chantiers de l’Atlantique ou comment les intérets de Martin et Nicolas rejoigne ceux du peuple.

Je n’y connais rien en actionnariat boursier mais une chose m’intrigue :
ALSTOM détient des actions dans les chantiers de l’atlantique.
Qui détient des actions dans ALSTOM ?
BOUYGUE !
Et Martin le parrain y est peut être pour quelque chose ?
Après le coup de la disparition de la pub sur les TV public, je suggère que l’on s’intéresse au portefeuille boursier de NS

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