SPECIAL République en danger (vidéos!)

Certains crieront à l’alarmisme. Pourtant, nous ne sommes pas les seuls à nous rendre compte que la politique de Sarkozy, pas à pas, est en train d’essayer d’habituer les Français à tirer un trait sur la République, qui est notre bien commun le plus cher, au delà de tous les clivages politiques traditionnels.

Sur cette page spéciale de notre blog, vous trouverez vidéos, billets et articles dont l’objectif est de faire comprendre à nos concitoyens le processus anti-Républicain qui est en train de se mettre en oeuvre au buldozer dans notre pays.

Visionnez les vidéos, lisez les articles, et n’hésitez à apporter vos commentaires, témoignages et idées en utlisant la fonction “commenter” en bas de la page.

Olivier Spinelli

L’identité républicaine

Par Jacques Fleury

Identité nationale ? Essayons d’oublier les arrière- pensées du Grand Conducteur ! Et posons nous la question puisqu’elle nous est posée : être français c’est quoi ? En quoi serions nous différents, en quoi serions nous originaux, au point d’être identifiables ? Serions nous français parce que nous serions nés sur le territoire français ? Notre identité serait-elle liée à l’hexagone ?

Mais alors l’Alsacien aurait-il perdu son identité entre 1870 et 1918 quand il était de nationalité allemande, le Savoyard aurait-il gagné une identité nouvelle le jour ou la Savoie a été rattachée à la France ? Et le Belge, l’Allemand, le Hollandais, l’Italien, auraient ils eu la malchance de perdre notre identité au lendemain de Waterloo ? Etre français voudrait-il dire que nous sommes les héritiers de toux ceux qui furent les vassaux des rois absolus, à une époque où, avant d’être sujet du Roi de France, on était breton, languedocien, provençal, picard, etc, attaché à la langue et à la culture de sa province plutôt qu’à une unité nationale que seul incarnait le Roi ? Serions nous les héritiers de cet empire napoléonien qui aurait multiplié le nombre des français à la pointe des baïonnettes laissant derrière ses armées une image désastreuse de la France dans l’ensemble de l’Europe ?

S’il existe une identité nationale, c’est celle que les révolutionnaires ont créée aux cris de « Vive la Nation » ! Elle excluait ceux qui, nés sur le territoire de la monarchie française, combattaient pourtant aux côtés des monarchies étrangères contre ceux qui chantaient la « Marseillaise ». Mais elle ne réunissait pas que des français de souche car nombre d’étrangers à notre sol ont rejoint alors et rejoindront tout au long du processus républicain – à l’époque des gens comme Buonarrotti ou, plus tard, Garibaldi, – la République Française.

Notre identité nationale – en tout cas c’est ainsi que je la vis – est faite de l’originalité du message républicain que notre pays incarne dans le monde. Avec plus ou moins de fidélité selon les époques, celle que nous vivons étant de ce point de vue particulièrement désastreuse ! Notre identité, c’est la défense de cette trilogie républicaine – Liberté, Egalité , Fraternité – à laquelle la partie la plus réactionnaire de notre pays, sombrant dans le déshonneur, a opposé sous Pétain « Travail, Famille, Patrie » .

L’identité nationale, c’est ce que détruit chaque jour notre Grand Loucheur, un œil rivé sur l’exemple américain quand il prône non pas le mérite républicain, mais la loi de la jungle libérale et capitaliste, l’autre vers le passé le plus réactionnaire quand il nie les fondamentaux de la République laïque – le curé plus utile que l’instituteur — quand il détruit les bases de l’Education nationale ( voyez comment il a attaqué les maternelles, réduit les moyens de l’école publique au profit des écoles privées), quand il casse tous les contre pouvoirs à son désir de monarque, quand il tente de remettre à l’honneur Travail – « travaillez plus pour gagner plus ! », Patrie – le ministère de l’Identité Nationale et de l’Immigration – n’étant sans doute pas le mieux placé pour vanter de surcroît la Famille !

Notre identité, c’est la défense d’un mode de vie, d’une ambition nationale, très différente de celle qu’incarnent les anglo-saxons du « make money ». C’est la recherche d’une véritable liberté, la défense des droits de l’homme mais aussi de la laïcité – sans adjectif réducteur – qui seule permet à chacun de vivre ses opinions sans les imposer aux autres ni subir celles des autres. C’est le refus du communautarisme qui divise au lieu de rassembler, c’est donc la République « une et indivisible ».

Notre identité, c’est le pacte républicain, et social. C’est le souci de l’égalité aujourd’hui tellement bafoué dans la vie quotidienne mais qui demeure un souci majoritaire chez nos compatriotes comme chez ceux qui aiment la France parce que son message est celui de cette idée généreuse. C’est la volonté de fraternité ou de solidarité qui fait que dans notre pays, au lendemain de la guerre, le Conseil National de la Résistance a remis en place un pacte social, unissant le pays autour de la Sécurité Sociale, l’Ecole Républicaine pour tous, la laïcité, etc…

Manifestement, Nicolas Sarkozy parle de ce qu’il n’a jamais connu et ne connait toujours pas. Non l’identité nationale ne se résume pas à l’amour de la terre française : il faudrait alors craindre la montée des eaux !!! L’identité nationale, c’est un message universel de générosité, un message d’espoir, une lumière qui brille et qui fait que, malgré tout, dans le monde, on aime encore la France.

Jacques Fleury


La République est en danger

Par Jacques Fleury

Certains penseront sans doute que j’exagère. Et pourtant, je le dis parce que je le crois sincèrement : la République est en danger. Tout cela est sans doute bien compliqué à expliquer et du coup à comprendre! Et je comprends que nos compatriotes ne se sentent pas mobilisés, malheureusement ! Et pourtant l’Histoire de France nous apprend qu’il serait bon de ne pas se réveiller trop tard.

C’est un fait : quand, dans un régime démocratique, l’opposition est réduite au silence, la République est tout simplement en danger ! Or le Chef de l’Etat a décidé de casser l’opposition de gauche définitivement. Il a décidé d’éradiquer toute opposition à son pouvoir qu’il veut absolu. Pour y parvenir il attaque sur tous les fronts. Cette fois il attaque là où existe encore une résistance de la gauche : dans les Départements, les Régions et aussi les Communes

Pour y parvenir le Chef de l’Etat veut d’abord asphyxier financièrement les collectivités locales (département, régions, communes) parce qu’elles sont souvent gérées par la gauche. Déjà il ne payait tout simplement pas ce que l’Etat doit aux départements, au risque de les mettre en faillite ! Maintenant, pour le prochain budget 2010, il a décidé de diminuer la Dotation de Fonctionnement que l’Etat attribue chaque année aux communes pour qu’elles puissent fonctionner : il veut faire payer par les contribuables locaux, les largesses qu’il consent, depuis son arrivée, aux français les plus fortunés
Mais, et c’est plus grave, il supprime la Taxe professionnelle. Sans doute un impôt discutable mais qui constitue aujourd’hui la ressource principale des communes et autres collectivités locales (environ 60% à Roye).

Certes il promet de remplacer cette ressource à l’euro près. Mais on sait ce que valent ses promesses ! D’ailleurs dès à présent, même les élus de droite constatent qu’il ne les tiendra pas ! De plus les recettes qu’il annonce dépendent directement de sa bonne volonté ( de celle d’une Assemblée nationale à sa botte !).

Les collectivités locales seront donc à sa merci. Le Chef d’Etat espère ainsi contraindre les élus de gauche à réduire les services rendus à la population et / ou à augmenter les impôts. Dans les deux cas ces élus deviendraient impopulaires et pourraient être battus par des électeurs victimes de cette manipulation sarkozienne!

Mais pour le cas où l’asphyxie financière ne suffisait pas à discréditer les élus de gauche, le Chef d’Etat a décidé de limiter strictement le domaine d’intervention des Départements ou des Régions. Ainsi ces collectivités ne pourront plus, par leurs initiatives, aider les familles et les associations comme elles le font. Par exemple : les Transports scolaires ne seront plus gratuits pour les familles et les Départements ne pourront plus subventionner les associations sportives.

Et pour ne prendre aucun risque d’échec dans son projet anti-républicain, le Chef Suprême Sarkozy, après avoir tripatouillé les circonscriptions des futurs députés pour éviter que la gauche puisse gagner, a décidé de modifier le mode de scrutin et de magouiller le découpage des futurs circonscriptions cantonales, pour favoriser systématiquement les candidats de la droite.

Demain, si toutes ces réformes sont adoptées, la droite aura tous les pouvoirs. Personne n’est obligé de nous croire, mais nous aurons prévenu: la République est en danger.


Défenses immunitaires intactes

4 12 2009

Telle la créature de Frankenstein, la nauséabonde opération politique « identité nationale » est en train de se retourner contre son concepteur. Censée vampiriser l’actualité, elle n’aura réussi finalement qu’à servir d’exutoire raciste à quelques réactionnaires, à libérer et à décomplexer les derniers tenants des plus bas instincts de la nation. Mais dans son échec elle offre aussi, et c’est plutôt une bonne nouvelle, une belle occasion à La République de montrer sa capacité de résistance à la laideur d’esprit et à la régression.

Le débat, donc, n’a pas eu lieu et n’aura pas lieu. Le sujet, s’il avait été convenablement et honnêtement posé, à un autre moment qu’à la veille d’une élection dans laquelle le Front National sera encore un enjeu de convoitise pour l’UMP, aurait pu permettre la réflexion sur ce qui fait, encore, l’exception et l’universalité de notre République. Car l’identité des Français, c’est d’abord et avant tout la République.

En rendant la dissertation obligatoire, sur table et minutée, à heure fixe, le petit doigt sur la couture du pantalon, mis en scène et sur convocation des préfets, Sarkozy, à la manière assumée d’un Pétain du XXI ème siècle, avait réuni tous les ingrédients d’une opération de propagande destinée à récupérer le thème. Le récupérer, mais surtout en profiter pour le dénaturer en l’accrochant à celui de l’immigration.

De fait, c’est surtout à une discussion sur une redéfinition des fondamentaux de notre République que Sarkozy aura souhaité convoquer les citoyens. Qu’ on ne s ‘y trompe pas. L’opération n’est pas seulement politicienne ou électoraliste. Elle s’inscrit dans une politique globale, inédite et protéïforme de rupture avec les fondements de la société française et les idéaux républicains qu’au nom d’une modernité fantasmée, sur laquelle il a fondé son succès électoral de 2007, Sarkozy juge obsolètes.

J’écrivais ici dans un billet que les trois piliers de notre République y passeraient un par un, avec méthode.
-Egalité, ce fut le premier avec en symbole fondateur le bouclier fiscal, puis les attaques contre la laïcité avec les dérapages sur « le curé supérieur à l’instituteur ».
-Liberté, avec la mise au pas du Parlement, la reprise en main politique des enquêtes judiciaires, la fin de l’indépendance des télévisions et radios publiques, la réorganisation de la presse au profit des groupes puissants et amis et aujourd’hui la réforme territoriale, dont le but est d’étouffer l’opposition dans les régions, et d’empêcher les citoyens de disposer eux mêmes au plan local des moyens d’action et de décision sur leur avenir.
-Fraternité, enfin avec le massacre des services publics, celui de tout notre système social et la politique systématique des uns montés contre les autres.

En s’attaquant aujourd’hui comme il le fait à l’identité nationale, en l’accrochant de façon réactionnaire à l’hexagone et au terroir, en stigmatisant l’étranger, c’est le ciment même de tout l’édifice républicain qu’il entreprend maintenant de dissoudre à l’acide. Mais cette fois, ça ne passe pas. Non pas que la ficelle soit trop visible – Sarkozy a toujours assumé et revendiqué son plan, ce en quoi il démontre une parfaite honnêteté -. Non, si ça ne passe pas, c’est parce qu’il n’existe pas de majorité, dans le pays, à gauche et à droite, pour aller plus loin dans le cautionnement de cette entreprise de démolition de notre maison commune, la République.

Ce rejet massif, dans toutes les familles d’opinion, du « débat » sur l’identité nationale est une réaction instinctive de survie.La République nous montre qu’elle est peut-être malade de son actuel Président, mais que ses défenses immunitaires sont intactes.

Olivier Spinelli


Une réponse

25 10 2009
stéphanie claysse

Hélas, vous avez raison: je ne sais pas si la République est menacée (elle est solide) mais sous Sarkozy, ce qui est certain c’est qu’elle ne fonctionne pas. Cet homme, qui pourtant doit tout à la République, jusqu’à devenir son président, est dangereux pour nos libertés.

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